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日志


2009/4/22

Un magnifique discourt de Mr le Président D. Ortega qui change du ton de “certains” président(e)s par sa clairvoyance et son humanisme

Vème SOMMET: DANIEL ORTEGA SE DIT HONTEUX DE L'ABSENCE DE CUBA AU SOMMET DES AMÉRIQUES

Auteur : Luigino BRACCI ROA

Après avoir comparé la conduite interventionniste usaméricaine et l'aide apportée par Cuba à l'éradication de l'analphabétisme en Amérique latine, il a lu des passages de la Déclaration du Sommet de l'ALBA dans laquelle la Bolivie, Cuba, la Dominique, le Honduras et le Venezuela dénoncent le caractère « insuffisant et inacceptable »  du projet de Déclaration du Vème Sommet des Amériques.

ortega_obama_sourd         

Daniel Ortega, le président du Nicaragua, a affirmé éprouver honte et gêne au Sommet des Amériques, du fait qu'un pays comme Cuba, qui a collaboré avec ses voisins pour éradiquer l'analphabétisme et la pauvreté, est exclu de ce Sommet, contrairement aux USA, qui sont un pays qui a dirigé la guerre contre le Nicaragua et d'autres pays d'Amérique centrale pendant les années quatre-vingt et quatre-dix, qui a été l'acteur principal de l'invasion à Playa Girón (1) et impliqué dans le coup d'État au Venezuela en 2002.

C'est ainsi qu'il s'est exprimé au cours de son allocution au Sommet des Amériques, qui se déroule ce vendredi soir à Trinité-et-Tobago. C'est le second discours, qui rejoint celui de la précédente oratrice, [la présidente de l'Argentine] - Cristina Fernández de Kirchner - pour réclamer la fin du blocus contre Cuba.

Le Cas USA

Ortega a expliqué qu'il a eu l'occasion de rencontrer trois présidents usaméricains par le passé, Obama étant le quatrième. Il avait demandé à Ronald Reagan qu'il arrête la guerre que les USA avaient impulsé contre son pays durant les années quatre-vingt.

Puis, ce fut le président Jimmy Carter qui dit à Ortega que, la dictature des Somoza étant terminée, « il était l'heure que le Nicaragua change ». Ortega répondit à Carter : « Le Nicaragua n'a pas besoin de changer. Le Nicaragua n'a jamais envahi les USA, il n'a pas miné les ports des USA, il n'a pas lancé une seule pierre contre la nation US et n'a pas imposé de gouvernements sur son territoire. Par conséquent, c'est vous qui devez changer, pas le Nicaragua ! ». Ensuite Ortega avait rencontré George H. Bush père.

Ortega a rappelé que le Nicaragua a présenté, pendant le gouvernement de Reagan, une requête contre les USA devant la Cour Internationale de Justice. La Cour avait rendu une sentence en indiquant que les USA devaient arrêter toutes ses actions militaires, ainsi que le minage des ports et le financement de la guerre. « Ils devaient indiquer les lieux précis où ils avaient placé des mines, mais ils avaient refusé de donner cette information. De plus, elle leur ordonnait d'indemniser le Nicaragua pour les dommages causés par le blocus économique et commercial ».

« Jusqu'à aujourd'hui, cette sentence n'a pas été respectée par les dirigeants nord-américains. Nous avons l'espoir qu'un jour nous pourrons aborder ce sujet avec des dirigeants nord-américains qui soient véritablement respectueux du droit international et des peuples ».

Le Cas Cuba

discours_ortegaAprès avoir parlé des agressions US contre l'Amérique centrale, Ortega a expliqué que, bien que la guerre contre le Nicaragua soit terminée, la pauvreté, la misère, le chômage et les inégalités persistent dans nos peuples. Cuba, Fidel Castro et Raúl ont inconditionnellement aidé à alphabétiser leurs peuples, et maintenant avec la coopération également du Venezuela et de Hugo Chávez.

Ortega a rappelé que lors de sa première prise de fonction, l'analphabétisme dépassait 60%, mais lorsqu'en 1990 il a quitté le pouvoir, il était descendu à 12%. En le reprenant en 2007, il a trouvé de nouveau un taux d'analphabétisme de 35%, il accusait de cet état de cause, la privatisation de la santé et de l'éducation et les autres aspects de la politique néolibérale appliquées au Nicaragua.

« Cuba a offert à nos peuples sa solidarité sans condition, et c'est pour cela qu'il est sanctionné. Qu'il est puni. Qu'il est exclu. Et c'est pourquoi je me sens mal à l'aise dans ce sommet, je ne peux pas être à l'aise dans ce sommet. Je ressens de la honte dans ce sommet », a dit Ortega. Porto Rico est un autre pays qui n'est pas présent au sommet. « Il est toujours soumis à une politique colonialiste ».

« Je refuse de l'appeler sommet des Amériques », a dit Ortega.

L'ingérence usaméricaine ne peut pas être considérée comme "de l'histoire"

Ortega a aussi rappelé d'autres ingérences usaméricaines, comme celle de la Playa Girón à Cuba, quand les forces usaméricaines se sont impliquées dans une tentative d'invasion de l'île. Ortega a souligné qu'Obama, qui était âgé alors de 3 mois et demi, n'a évidemment pas de responsabilité en ce qui concerne Playa Girón, mais que de toutes manières ces faits ne peuvent pas être considérés comme une simple histoire d'un passé lointain. Il a rappelé que le 11 avril 2002, les USA ont été liés à la tentative de renverser et d'assassiner Hugo Chávez, et que par le biais de leurs porte-paroles ils ont reconnu et ont donné raison aux auteurs du coup d'État. « Nous avons donc raison de dire que ceci n'est pas l'histoire, quand ces faits se sont produits contre l'institution d'un peuple et d'une nation il y a 7 ans à peine ».  LA SUITE ICI

Je ne résiste pas au plaisir de mettre tout cet excellent article qui vaut son pesant d’or.

Le mythe qui existait :: Mise en place du droit à l'avocat pour les victimes : des difficultés sont à prévoir

Va-t-on jeter les victimes en prison ?

Par Eolas, mercredi 22 avril 2009 à 12:37 :: Actualité du droit :: permalien #1382

C'est ce que j'ai craint quand j'ai entendu notre Président Bien-Aimé déclarer (toutes les citations présidentielles seront issues de cet article) :

«Il n'est quand même pas extravagant de demander que la victime soit traitée dans la même condition que le délinquant».

Heureusement, la remise en contexte m'a révélé qu'il ne s'agissait que de simple démagogie. J'y reviendrai, mais relevons certains propos qui méritent commentaire.

Ainsi, le président a décidé de ne pas laisser le phénomène des bandes s'installer pour annoncer derechef la future pénalisation du simple fait d'appartenir à une de ces bandes. J'ai déjà traité la question, mais je relève juste une affirmation qui serait busirible si l'article 67 de la Constitution ne protégeait pas le Président en exercice des attributions du fameux prix :

J'ai vu deux reproches, ceux qui disent c'est liberticide, je ne vois pas en quoi c'est liberticide, soit c'est inefficace, il faudrait savoir, soit c'est liberticide, soit c'est inefficace.

J'adore la conclusion sous-jacente : efficace = liberticide ; mais je préfère une contre-démonstration par l'exemple. Décider que le fait de se promener seul dans la rue est passible d'un an de prison est liberticide. Et contre les bandes, c'est inefficace. Donc on peut faire les deux à la fois. J'ajouterai que l'actuelle majorité s'en est fait une spécialité.

Suivent deux annonces pot-au-feu (c'est meilleur chaque fois que c'est réchauffé) :

La première :

"L'attaque d'un fonctionnaire sera une circonstance aggravante."

Quelle super idée. Et on pourrait le mettre à l'article 222-13, 4° du code pénal :

[Sont aggravées les violences commises] : 4° Sur un magistrat, un juré, un avocat, un officier public ou ministériel, un militaire de la gendarmerie nationale, un fonctionnaire de la police nationale, des douanes, de l'administration pénitentiaire ou toute autre personne dépositaire de l'autorité publique, un sapeur-pompier professionnel ou volontaire, un gardien assermenté d'immeubles ou de groupes d'immeubles ou un agent exerçant pour le compte d'un bailleur des fonctions de gardiennage ou de surveillance des immeubles à usage d'habitation en application de l'article L. 127-1 du code de la construction et de l'habitation, dans l'exercice ou du fait de ses fonctions, lorsque la qualité de la victime est apparente ou connue de l'auteur ;(…).

la deuxième :

Nicolas Sarkozy a également annoncé un durcissement des sanctions à l'égard de ceux qui pénétreraient dans un établissement scolaire pour y commettre des violences.

Re-super idée. On pourrait le mettre… je sais pas… au 11°du même article ?

[Sont aggravées les violences commises] : 11° Dans les établissements d'enseignement ou d'éducation ou dans les locaux de l'administration, ainsi que, lors des entrées ou sorties des élèves ou du public ou dans un temps très voisin de celles-ci, aux abords de ces établissements ou locaux ;

On voit que le président a tiré les leçons du fiasco HADOPI : il annonce les réformes déjà en vigueur (l'aggravation liée à la situation dans ou à proximité d'un établissement scolaire date de la loi n°2007-297 du 5 mars 2007, dont le projet de loi était signé par un certain… Nicolas Sarkozy). Comme ça, les députés planqués derrière les rideaux sont bien feintés.

Mais on ne fait pas de bonne démagogie sans taper sur la tête des délinquants d'une main et caresser celles des victimes de l'autre.

Et là, notre président a eu son chemin de Damas. Comment ? On ne traite pas les victimes dans les mêmes conditions que les délinquants ? C'est extravagant. Pourtant, franchement, où est la différence ?

Il a demandé que soit examinée la possibilité pour une victime d'avoir "un avocat à la minute de l'agression". Faisant valoir que les délinquants "avaient droit à la première minute dès l'ouverture de la procédure à un avocat", le chef de l'Etat a demandé que "l'on travaille pour savoir dans quelles conditions la victime pourrait être traitée aussi bien que le délinquant". "Il n'est quand même pas extravagant de demander que la victime soit traitée dans la même condition que le délinquant", s'est-il exclamé.

—Profond soupir—

Comme quoi on ne rappelle jamais assez les évidences.

La victime n'a aucun obstacle de droit à l'accès à un avocat. Simplement, la victime, à la minute de l'agression, n'a pas besoin d'un avocat. Plutôt d'un médecin (si l'agression est physique) et de la police. La priorité pour cette dernière est, outre l'interpellation du suspect s'il est encore dans les parages, la collecte des preuves. Empreintes digitales (on dit papillaires), génétiques, témoignages, images de vidéosurveillance. Parmi ces preuves, il y a la plainte de la victime et en cas de violences le certificat médical dressé par un service spécialisé appelé à Paris les Urgences Médico-Judiciaires (UMJ, situées à l'Hôtel Dieu) qui seul peut fixer l'incapacité totale de travail au sens de la loi et décrire précisément les blessures constatées, qui est un élément essentiel pour le dossier. Victimes de violences, n'allez pas voir votre médecin traitant, mais allez porter plainte : la police vous remettra une réquisition destinée aux UMJ ; allez-y aussitôt, plus le certificat est proche de l'agression mieux c'est. Vous me direz : voilà le rôle de l'avocat, dire cela aux victimes. Je vous répondrai que l'article 53-1 du code de procédure pénale prévoit que la police doit informer la victime présumée de ses droits lors du dépôt de plainte. Elle peut (et elle le fait d'ailleurs) insister sur l'importance de la collaboration de la victime dans le récolement des preuves.

Une fois la plainte déposée, la victime n'est plus sollicitée, sauf pour un complément de témoignage suite à la découverte d'éléments nouveaux ou une éventuelle confrontation avec un suspect. En dehors de cela elle est bien sûr libre comme l'air. Y compris libre d'aller voir un avocat.

C'est une fois qu'un tribunal ou un juge d'instruction est saisi que la victime présumée a besoin d'un avocat. Pas pendant l'enquête de police. Je reviendrai sur l'éventualité d'une intervention de l'avocat de la victime au cours de l'enquête de police.

L'auteur des faits, lui, une fois identifié et interpellé, est placé en garde à vue. Cette mesure est coercitive (le gardé à vue n'a pas le choix) et privative de liberté. Sous la pression de la cour européenne des droits de l'homme, le législateur français a dû, en 1993 (20 ans après l'entrée en vigueur de la Convention européenne des droits de l'homme en France qui prévoit ce droit à son article 5, tout va bien…), autoriser les gardés à vue à s'entretenir avec un avocat. Mais le pays des droits de l'homme a veillé à repousser à la 21e heure l'intervention de l'avocat, ce qui permettait de tenir éloigné cet importun d'une bonne moitié des procédures. La loi du 15 juin 2000 a enfin permis l'intervention de l'avocat dès le début de la garde à vue. Mais rassurez-vous bonnes gens, l'avocat n'a droit qu'à trente minutes d'entretien avec son client, sans avoir accès au dossier, histoire d'éviter qu'il en profite pour, je sais pas moi, préparer la défense de son client ? Je ferai bientôt un billet sur ce qu'il y a de mieux à faire en garde à vue (se taire), sachant que jamais nos clients ne nous écoutent. Si la garde à vue est prolongée, le gardé à vue a droit à un deuxième entretien, dans les mêmes conditions.

Si à l'issue de la garde à vue le suspect est déféré devant un magistrat, son avocat aura enfin accès au dossier. Aucun juge n'a le droit de voir un prévenu si son avocat n'a pas eu au préalable accès au dossier et la possibilité de s'entretenir avec son client. Un gardien de la paix a de ce point de vue plus de pouvoir qu'un juge. Pour en revenir à la victime, son avocat aura accès au dossier exactement au même moment que l'avocat de la défense : dès l'instant où un juge est saisi (tribunal en comparution immédiate ou sur citation, juge d'instruction pour mise en examen, etc…). Donc de ce point de vue, les victimes et les prévenus sont sur un strict pied d'égalité.

Invoquer le droit du gardé à vue à un avocat pour l'élargir aux victimes est stupide (je mets 30 euros de côté pour l'offense au président de la République). La victime n'est pas placée en garde à vue, elle n'est pas privée de liberté, elle ne subit aucune mesure coercitive. Elle est libre, donc libre d'aller voir un avocat quand elle le veut. Ou de lui téléphoner. Son droit à un avocat, elle l'a déjà. Avocat qui a les mêmes droits que celui du prévenu (et aucun accès privilégié à la procédure).

Peut-être que le président souhaite que cet avocat puisse précisément intervenir lors de l'enquête de police, demander des actes, assister son client lors du dépôt de plainte ? Dans ce cas, ça change tout. J'applaudis vigoureusement à l'idée.

Car donner ce droit à l'avocat de la victime obligerait à le donner aussi à l'avocat de la défense, ce que nous réclamons depuis le néolithique supérieur. Ce serait une formidable avancée des droits de la défense.

Hélas, mon esprit chagrin, probablement, mais j'ai comme un doute sur le fait que telle soit l'intention présidentielle.

Le mythe qui existait :: Mise en place du droit à l'avocat pour les victimes : des difficultés sont à prévoir

2009/4/19

Clearstream : Un couvercle de plomb sur les magouilles des voleurs.

 

Il fallait au moins une BD pour faire récit du fight Denis Robert vs Clearstream. Et mieux se perdre dans les arcanes flippantes de la colossale enquête du plus vertueux des journalistes messins (au moins). "L’affaire des affaires", roman graphique de haute volée, s’y attache avec efficacité. On a demandé à Yan Lindingre, l’un de ses co-auteurs, de nous raconter ce qui se cache sous le couvercle.

Yan Lindingre : "L’affaire Clearstream, c’est dix fois le Watergate"

samedi 18 avril 2009, par PT

Comment est née « L’affaire des affaires » [1] ?

"Denis Robert, qui est un ami et dont je connais bien le travail, était submergé de procès. Son crime : avoir ferré un trop gros poisson, Clearstream. Il nous expliquait comment, en allant mettre son nez dans les chambres de compensation, on pouvait avoir une idée immédiate de tous les flux financiers de la planète. Mieux que cela, on pouvait tracer l’argent sale et surveiller les paradis fiscaux. Il nous interpellait sur les fuites de capitaux et la dérégulation dont profitait le système bancaire. Il nous expliquait qu’il suffisait de placer des "gendarmes" dans ces fameuses chambres de compensation pour éviter les fuites massives de capitaux. On aurait pu notamment y repérer les transferts massifs d’emptrunts toxiques. Denis nous expliquait pourquoi le système marchait sur la tête. C’était 10 ans avant la crise et le rodomontades de notre petit président contre les paradis fiscaux. Tout le monde s’en foutait. Mieux que cela, une partie de la presse prit la défense de Clearstream. Ce fut le cas du "Monde" et de" Charlie Hebdo". Pour ma part c’est cette injustice qui m’a poussé à travailler avec Denis. Je pensais que le grand public ne pourrait pas se taper ses 1000 pages d’enquêtes pour comprendre. Il fallait autre chose. Ce fut la BD."

C’est ta première collaboration directe avec Denis Robert ?

"Oui. Je fais partie de son comité de soutien. Les autres collaborations, c’était organiser des concerts, vendre de t-shirts ; tout ce qui pourrait nous permettre de ramener des fonds pour payer l’avocat et les procès perdus. Il y a tellement de procédures en cours, c’est inouï."

Entre Lorrains, l’amitié qui vous lie a d’abord été question de proximité ?

"A l’heure de la toile, ce serait un peu désuet de dire ça. Ceci dit, ça fait du bien de sentir ses potes présents, en chair et en os. Je crois que ça a aidé Denis que nous soyons là, soudés. Indéfectibles. Et je crois que nous avons fait bouger les choses. Ne serait-ce que les lignes d’une presse hostile. Nous avons réussi à foutre le bordel à "Charlie Hebdo". "Siné Hebdo" n’étant qu’un énième avatar de l’affaire Clearstream."

2009/4/18

Ni barrières ni douanes ni racisme pour le fric. C’est pas comme pour les miséreux.

La finance islamique, nouvel eldorado bancaire

Par Agnès Rousseaux (17 avril 2009)

Paris, capitale de la finance islamique ? L’idée pourrait surprendre. C’est pourtant l’un des chantiers ouverts depuis quelques mois par Christine Lagarde, ministre de l’Economie et des Finances. D’ici juin, quatre banques « charia-compatibles » devraient ouvrir en France, dont la Qatari Islamic Bank et la Kuwait Finance House. Objectif : permettre aux musulmans de France d’avoir accès à des banques respectant la loi islamique, tout en drainant l’épargne des pays musulmans, un potentiel de 4000 milliards de dollars sur lequel salive Bercy. Certains voient aussi dans la finance islamique une manière d’introduire un peu d’éthique dans le capitalisme. Regardons de plus près ce qu’il en est.

Argument marketing ? Ou effet de la crise ? La finance islamique est à la mode. Certains dirigeants politiques y voient même un moyen pour « moraliser » le capitalisme... La France a pourtant toujours été frileuse concernant l’implantation de banques islamiques. Celles-ci sont restées cantonnées pendant une trentaine d’année dans les pays du Golfe, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est. A la suite de la Grande-Bretagne, le gouvernement français s’emploie aujourd’hui à faire tomber toutes les barrières qui pourraient freiner leur installation en Europe. Une instruction publiée le 25 février 2009 précise le régime fiscal des principaux outils de la finance islamique, notamment le sukuk [1] (obligations islamiques) et la murabaha [2].

2009/4/17

Quand les feignants font semblant de travailler….. Salauds de petits fachos riquiquis

Jack Lang l'absentéiste aigu viendra voter la loi Hadopi

Riche d'une activité parlementaire vierge depuis sa quatrième réélection, Jack Lang a décidé de rompre le silence et de se rendre à l'Assemblée Nationale. Le moment est trop grave : il se prononcera en faveur de la loi Création et Internet que ses collègues socialistes ont rejeté.

Riposte graduée, Politique

Tout va bien en République Française. Depuis mars 1986, le député et ancien ministre socialiste Jack Lang a été élu député à 5 reprises. Son activité parlementaire est devenue une légende, au sens figuré, comme au sens propre. Il suffit pour s'en convaincre de regarder la fiche de Jack Lang sur le site de l'Assemblée Nationale et de regarder son activité depuis les dernières élections législatives :

  • Nombre de questions au gouvernement : zéro ;
  • Nombre de propositions de loi dont il est l'auteur : zéro ;
  • Nombre de rapports : zéro ;
  • Nombre d'interventions en séance : zéro ;
  • Nombre d'interventions en réunions de commission : deux (le même jour)

Accablant ? Rassurez-vous, M. Lang est en revanche le champion des questions écrites, qui ne demandent pas de se déplacer à l'Assemblée et d'affronter un ministre dans une joute orale. Le député a ainsi écrit 91 fois au cours de la dernière législature. Un amoureux de la plume. Il faut dire qu'en pratique les questions écrites des députés se contentent de relayer les inquiétudes des groupes de pression ou des habitants influents de leur circonscription, qu'ils - ou leurs assistants - reçoivent. Puisqu'une réponse est obligatoire de la part des ministères, elles permettent de rendre compte d'une activité qui semble prolifique et satisfaisante aux yeux des électeurs. Un retour sur investissement maximal.

2009/4/13

Une autre façon de lire “La Journée de la jupe, un film de Jean-Paul Lilienfeld”

La Journée de la jupe, un film de Jean-Paul Lilienfeld

Ils ne comprennent que la force

dimanche 12 avril 2009, par Mona Chollet

Table des matières

Il en dit des choses, ce film, par sa seule palette de couleurs ! Prenez l’une des images que l’on a vues partout : Sonia Bergerac, la prof de français interprétée par Isabelle Adjani, coincée contre un mur par l’un de ses élèves, un grand Noir prénommé Mouss. Le teint diaphane, ses yeux bleus remplis à la fois de défi et de désarroi, elle porte un chemisier d’une blancheur éclatante, tandis que son agresseur est engoncé dans un blouson d’un noir brillant, avec un col de fourrure sombre. Tout au long du film, Madame Bergerac fait ainsi une tache lumineuse, symbole de pureté, de fragilité, d’innocence et de… blancheur, au milieu de ses élèves basanés.

     image

Ceux qui ont vu le film savent que, dans cette scène, Mouss menace Sonia Bergerac de viol. En des termes exquis, qui plus est. Il lui montre qu’il connaît son adresse (« 22, boulevard de Belleville, 4e étage droite »), et il ajoute : « T’as une idée de ce que ça te fera de sentir deux bites te ramoner en même temps, salope ! » Du moins, c’est ce qu’on lit dans le scénario, dont nous avons pu voir une copie. C’est la version sobre. Car, dans le film, Mouss ajoute cette délicate incise : « Deux belles bites de bamboulas » – juste au cas où la dimension raciale de la chose n’aurait pas été assez évidente. Sur le plateau régnait apparemment une folle ébullition créative. Quelques minutes plus tard, quand la prof braque sa classe avec l’arme qu’elle a découverte dans le sac de Mouss, le scénario voulait qu’elle crie : « Maintenant, vous allez me dire qui m’avait lancé des gommes sur la tête le premier jour ! » Mais, au moment du tournage, le réalisateur a dû juger qu’à la réflexion, cette histoire de gommes, c’était un peu léger ; si bien que, dans le film, Madame Bergerac crie plutôt : « Vous allez me dire qui me laisse des mots dégueulasses dans mon casier ! »

2009/4/11

Un nommé Frederic Lordon

Les voix enchanteresses de l’économie sur France Culture

Publié le 30 mars 2009 par Mathias Reymond

Les experts qui ont eu rarement raison avant la crise trustent son analyse dans les médias. En économie, sur France Culture, on ne change pas une équipe qui perd. Dans un article précédent - « Les voix enchanteresses de l’économie sur France Inter » -, nous avions relevé, en analysant la répartition des invitations, que « le débat économique sur France Inter ne propose, pour l’essentiel, que des variantes d’une même orthodoxie ». La question se pose de savoir si France Culture, autre radio du service public, reproduit le même schéma. La réponse est oui. Démonstration chiffrée..

Lors du passage de l’économiste (hétérodoxe) Frédéric Lordon dans l’émission « L’économie en question » présentée par Caroline Broué et Olivier Pastré (ancien chroniqueur des Matins de France Culture), ce dernier avait mis au défi son invité de fonder sa critique sur une « statistique rigoureuse ». Rappel des échanges (déjà reproduits et commentés dans notre article « Une critique des médias paranoïaque et sacrilège ? ») :

- Caroline Broué : « Frédéric Lordon, vous dites que vous avez été relégué dans un coin bien précis et que vous étiez peu sollicité, en tout cas jusqu’à présent. Est-ce que ce n’est pas le complexe de celui qu’on sollicite moins ? Est-ce que ce n’est pas la théorie du complot ou de la paranoïa de votre part de dire que votre remarque, votre critique qui peut être vue comme une critique radicale a été peu entendue, voire jugée illégitime, à vos yeux ? »

- Frédéric Lordon : « Ecoutez… On a toujours la solution, effectivement, d’en venir aux hypothèses soit de la paranoïa soit du délire de l’artiste maudit qui s’estime criant dans le désert et écouté de personne. A la vérité, il faudrait faire… Mais là ce serait un autre chantier : un chantier d’analyse du fonctionnement des médias et de tous les médiateurs qui structurent le débat public. Il y aurait des indicateurs statistiques extrêmement simples à reprendre. Vous prenez deux grandes émissions de débat public et de débat économique – les tranches d’information du matin (de France Inter, celle de France Culture, etc.) et vous faites la statistique de l’origine des invités. Je peux vous dire qu’à 90%… »

- Caroline Broué : « Origine professionnelle, s’entend ? »
- Frédéric Lordon : « Non : origine idéologique et intellectuelle. A 90%, vous avez droit au “Cercle des économistes”, vous avez droit à la fondation “Terra Nova”… ».

[…pour lire la suite…]

Problèmes pour israel

La guerre de Gaza et l’image d’Israël

par Pascal BONIFACE (Réalités - Tunisie, 2 avril 2009)

Alors que les négociations en cours devraient déboucher sur la constitution du gouvernement le plus à droite qu'ait jamais connu l'Etat d'Israël (malgré la présence pathétique du Parti Travailliste) de nombreux cadres et responsables de cet Etat s'inquiètent de l'image de leur pays à l'étranger. Il a été décidé de lancer une campagne de communication pour améliorer l'image d'Israël en dehors de ses frontières: 2 millions de dollars devraient être affectés à cette tâche. Il n'est pas certain que cette somme suffise, surtout si un gouvernement dirigé par Benyamin Nétanyahou avec le Parti religieux Shass et le Parti ultra nationaliste laïc Israël Béitanou est au pouvoir en Israël. Tout ceci est l'héritage de la guerre de Gaza. La coalition du Parti Kadima et du Parti Travailliste a fait l'erreur de lancer la guerre de Gaza pour faire taire les critiques de la droite israélienne accusant le gouvernement d'être impuissant face aux tirs de roquettes du Hamas sur les villes du Sud israélien. Alors que le Premier ministre Olmert se disait prêt à passer un accord avec les Palestiniens, il a choisi la voie de l'affrontement militaire, envoyant ainsi un double message contradictoire. Les électeurs israéliens se sont dit que si une politique de force était nécessaire, il valait mieux l'original que la photocopie et donc voter pour ceux qui prônaient le plus durement l'usage de la force à l'usage des Palestiniens. La coalition gouvernementale a fait la guerre de Gaza pour éviter de donner un avantage électoral à la droite et à l'extrême-droite israélienne, elle leur a en fait ouvert un véritable boulevard.

Cette guerre a également fait des dégâts considérables dans les opinions publiques. Bien sûr, dans les pays arabes où les chaînes satellitaires comme Al Jazeera et Alarabia ont montré des photos et des images révulsantes des destructions israéliennes, mais également dans les pays occidentaux où l'opinion publique a été ébranlée par le bombardement de populations civiles dans cette prison à ciel ouvert qu'est Gaza.

DROITS de l’HOMME en France

une société de surveillance ? l’état des droits de l’Homme en France, édition 2009

droits de l’Homme > rapports
samedi 11 avril 2009

« Un an et demi après son élection, la “politique des droits de l’Homme” proclamée par Nicolas Sarkozy est en lambeaux », écrit Michel Tubiana. Ce petit livre, le Rapport 2009 de la LDH sur l’état des droits de l’Homme en France, donne une idée de l’ampleur des dégâts [1]. Il montre également que la défense de nos libertés repose sur la vigilance – quotidienne – de chacun d’entre nous.

A la suite d’une brève présentation de l’ouvrage, nous en reprenons un extrait où Michel Tubiana expose que « Le paradigme sécuritaire prend le pas sur celui des libertés ».

Puces, caméras, base de données et fichiers pullulent aujour-d’hui et s’interconnectent de plus en plus largement : dans une journée ordinaire de vie urbaine, chacun de nous est « tracé » au moins une dizaine de fois. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), elle-même, a alerté sur la mise en place d’une « société de la surveillance ».

A partir de besoins légitimes et d’apparence anodine (suivre le parcours scolaire des élèves, réguler le trafic urbain, etc.), le fichage global peut, dans toutes les prochaines années, mettre un outil extrêmement performant au service de la sélection, de la discrimination, de la stigmatisation des « déviants » et du contrôle sociale généralisé. D’autant que les politiques actuelles, sécuritaires, xénophobes, traqueuses de fraudeurs dans la « France d’en bas », ne cessent d’œuvrer en faveur d’un surcroît de surveillance. D’où la nécessaire critique de ce marché de dupes qu’est l’échange des libertés contre une protection illusoire.

Au cœur du combat contre les projets de fichiers gouvernementaux, la Ligue des droits de l’Homme dresse ici un tableau inquiétant de la situation en France, où le recul des libertés menace la vie privée, l’action militante, le travail social, les associations de défense des droits… Mais la mobilisation de la société civile peut faire reculer les gouvernements. Expliquer, alerter, mobiliser : la défense des libertés et de la vie privée appelle plus que jamais à la « vigilance citoyenne » et au débat démocratique le plus large.

Jean-Pierre Dubois, président de la LDH
Agnès Tricoire, membre du Bureau national de la LDH

 

Le paradigme sécuritaire prend le pas sur celui des libertés

par Michel Tubiana
président d’honneur de la LDH


De manière générale, les libertés individuelles et collectives sont tributaires d’une démarche sécuritaire de plus en plus coercitive. Du gouvernement suédois qui décide de mettre le Net sous écoute généralisée à la vidéosurveillance généralisée en Grande-Bretagne ou aux pouvoirs démesurés reconnus aux policiers français [2], l’Europe — et le reste du monde ne fait pas exception — est en train de renverser ses principes et ses valeurs. Les droits de l’Homme devraient être le fondement des sociétés démocratiques, fondement auquel on confronte les exigences en matière de sécurité. Le système se renverse, ce sont les droits de l’Homme que l’on confronte aux exigences sécuritaires. Ainsi a-t-on vu la Grande-Bretagne, à propos de l’extradition éventuelle d’un ressortissant tunisien d’Italie en Tunisie, venir soutenir cette extradition. Car, alors que la Cour européenne s’apprêtait à l’interdire en raison des risques de torture encourus, la Grande-Bretagne a fait plaider que le respect du droit à la vie des ressortissants européens à qui pourrait porter atteinte cet homme (article 2 de la Convention) primait sur l’interdiction de la torture (article 3) : d’où l’on peut en déduire que l’usage de la torture serait justifié pour préserver le droit à la vie...

C’est-à-dire que la norme s’inverse et que les libertés n’ont plus comme étendue que ce que les exigences sécuritaires de l’État veulent bien leur abandonner. Nous devons prendre conscience que nous ne sommes plus en présence d’un simple recul des libertés individuelles et collectives comme l’histoire en connut tant. Nous vivons un renversement des valeurs. Ce qui est ici en cause, c’est un changement de définition de la sûreté républicaine : alors que les hommes de 1789 la définissaient par la capacité et les droits des citoyens à résister au pouvoir de l’État, la conception actuelle qui s’y substitue peu à peu est totalement inverse, puisque c’est la sécurité de l’État qui devient l’étalon de nos libertés.

Ce changement n’est pas alimenté que par la peur du terrorisme ou la volonté de pouvoir des États. Il s’inscrit dans une tendance lourde qui s’enracine dans la complexité de nos sociétés, dans la crise sociale et économique et dans bien d’autres facteurs, y compris les évolutions techniques. Si celles-ci permettent de mieux communiquer, elles permettent aussi de mieux surveiller et, d’une certaine manière, justifient encore plus de contrôle, en raison précisément de leur complexité et de leur retentissement sur notre vie quotidienne. Et la réponse ne peut se cantonner à une simple posture défensive et dénonciatrice. On voit bien qu’elle ne suffit pas à emporter la conviction de nos concitoyens qui, ballottés entre images de violence, craintes sociales et peurs de toute nature, versent dans l’illusion d’un État détenteur de leurs libertés au nom de la protection de leur sécurité. Les individus sont alors dissous dans l’État par un redoutable signe d’égalité entre la raison et les intérêts d’État et l’intérêt des citoyens. On sait, dans l’histoire, ce qu’une telle confusion a d’erroné et surtout de mortifère pour les libertés et les droits. L’enjeu est, alors, non seulement de réaffirmer les principes fondamentaux, mais aussi de les articuler à ces nouveaux risques ou à leur nouvelle intensité, en s’appuyant sur deux absolus : la liberté est la règle, les restrictions aux libertés doivent rester l’exception ; chaque restriction aux libertés doit être justifiée et proportionnée à l’objectif recherché. C’est pourquoi la LDH a entamé une réflexion destinée non à refonder les droits de l’Homme, dont le socle est et doit rester intangible, mais à s’interroger sur leur articulation avec les exigences de nos sociétés.

Notes

[1] Une société de surveillance ? L’Etat des droits de l’Homme en France, édition 2009 par la Ligue des droits de l’Homme - édition 2009, aux Editions La Découverte - Col. « Sur le vif », 10 €.

Vous pouvez commander ce livre auprès de la boutique de la Ligue des droits de l’Homme, tél. 01 56 55 51 04 ou laboutique@ldh-france.org.

[2] La mise en commun des compétences de ces deux pays en vue de créer une sorte de “Guantanamo” à Calais paraît paraît particulièrement inquiétante. [Note de LDH-Toulon]

Des nouvelles de ces derniers jours

Solidarité avec les travailleurs en lutte
Occupations d’usines au Royaume-Uni
samedi 11 avril 2009

 Depuis mercredi 1er avril, les ouvriers de l’usine Ford-Visteon occupent leurs usines à Belfast en Irlande du Nord et à Enfield dans le nord de Londres pour protester contre un licenciement aussi massif que soudain. Ils entendent faire respecter les termes de leurs contrats et comptent bien continuer la lutte jusqu’à ce qu’ils aient obtenu satisfaction et justice.
La veille
, les quelques 600 employés des usines Ford-Visteon, répartis sur les trois sites de Belfast, Basildon et Enfield ont appris lors d’une réunion qui a duré moins de 6 minutes qu’ils étaient tous licenciés, sans indemnité, qu’ils devaient quitter les lieux. La raison : la compagnie Visteon, qui fabrique des composants pour voitures et sous-traite principalement pour Ford, est en faillite et cesse toute activité sur le sol anglais. La plupart des ouvriers travaillaient dans leur usine depuis plus de 20 ans, certains atteignant même 40 ans d’ancienneté. Leur dernière semaine de salaire n’a pas été payée, et puisque Visteon est en faillite, ils ne toucheront aucune indemnité de licenciement. Pourtant, la plupart des contrats a été signée avec Ford, et pour ceux arrivés après 2000, date à laquelle Ford a crée et délégué une partie de son travail à la société de sous-traitance Visteon, des contrats ‘miroirs’ avaient été signés, qui comprenaient les mêmes termes que n’importe quel autre contrat Ford.

Derrière les complexités de la sous-traitance facilitées par la mondialisation et le règne du capitalisme sauvage, il y a ces ouvriers, qui du jour au lendemain se retrouvent sans travail et dans de réelles difficultés financières, avec des familles à nourrir ou des emprunts à rembourser sous peine par exemple de se faire expulser de chez eux [1]. Après des années de services, ils se voient refuser tous droits et toute indemnité par la multinationale Ford. La compagnie Visteon se dédouane également de toute responsabilité, et selon certaines informations aurait déclaré sa filiale du Royaume-Uni en faillite afin de préserver une partie de son capital pour pouvoir l’injecter dans sa filiale américaine, elle aussi en déclin, ceci donc au détriment des travailleurs de leurs usines anglaises

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mardi 7 avril 2009

La France, paradis fiscal pour présidents africains.

La semaine dernière, Nicolas Sarkozy a fait de la régulation de la finance mondiale, et notamment la fin des paradis fiscaux, son combat principal. Une façon de se refaire une éthique à bon compte. Mercredi 1er avril, le jour même où le G20 se réunissait à Londres, on apprenait que la justice française refusait d'enquêter sur les biens immobiliers de trois dirigeants africains soupçonnés d'avoir été acquis grâce à des fonds publics détournés. Belle morale en Sarkofrance !
Les dirigeants africains soupçonnés
Le parquet de Paris a estimé que les faits incriminés étaient trop anciens (sic !), que l'infraction éventuelle n'a pas eu lieu en France (sic !), et que les plaignants n'étaient pas lésés... Comble de l'ironie, c'est le parquet de Monaco qui semble plus actif en ordonnant, mercredi 30 mars, l'ouverture d'une enquête sur des comptes qui auraient été ouverts dans la principauté monégasque au nom d'Edith Bongo. L'épouse récemment décédée du chef d'Etat gabonais aurait servi de prête-nom à son mari de président, d'après une autre association, Sherpa. Cette dernière a expliqué à la justice monégasque que « les avoirs logés sur les comptes ouverts au nom d’Edith Bongo Ondimba, dans des établissements de la principauté, font partie de ce que nous visons sous l’appellation "de biens mal acquis" ».

"Cette plainte avec constitution de partie civile, déposée le 2 décembre par Transparence International France (TI), Sherpa et un ressortissant gabonais, accuse les chefs d'Etat de "recel de détournement de fonds publics",

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Taser à la Une : le distributeur perd un procès et la LDH publie une mise en garde après que l’arme ait été utilisée contre un adolescent

mardi 28 octobre 2008

Le 21 octobre 2008, pour la première fois en France, le Taser a été utilisé contre un adolescent. Le Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’homme (Raidh) y voit « l’illustration des dérives qu’entraîne la généralisation de l’arme électrique. La porte ouverte à tous les abus, comme aux États-Unis, où des conducteurs sont “tasés” parce qu’ils ne portent pas leur ceinture » [1].

Lundi 27 octobre, le distributeur de Taser en France, la société SMP Technologies d’Antoine Di Zazzo, a été débouté d’une demande de dommages et intérêts visant l’association Raidh accusée d’avoir « dénigré la marque » et « outrepassé les limites de sa liberté d’expression » .

Deux autres décisions de justice sont attendues fin novembre puisque la société a également assigné en diffamation Olivier Besancenot à qui elle reproche d’avoir déclaré que le Taser avait fait 150 morts aux Etats-Unis, ainsi que L’Express qu’elle accuse de diffamation pour avoir affirmé que SMP Technologies était « liée » à l’affaire d’espionnage d’Olivier Besancenot (Antoine Di Zazzo, soupçonné d’avoir commandité cet espionnage, a été mis en examen il y a une quinzaine de jours).

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vendredi 10 avril 2009

Devine Qui Vint Dîner ?

C’est curieux, hein, comme certaines infos ont de la difficulté à se faire un chemin vers le grand public.

Le Canard enchaîné a publié mercredi un papier qui aurait normalement dû jeter aux rues des milliers de magistrats (et d’avocats, et de justiciables) - mais la Grande Presse néglige, depuis deux jours, de s’en faire l’écho, un peu comme si elle ne l’avait pas vu.

Ce papier dit comme ça que l’excellent procureur de la République de Nanterre (Hauts-de-Seine), Philippe Courroye, qui d’après Le Canard est « toujours » accueilli « à bras ouverts à l’Elysée », où il « se rend régulièrement » - ça dit comme ça que cet homme, dont l’indépendance luit d’une rassurante lumière dans la nuit de l’injustice, a organisé au mois de janvier dernier, « dans son appartement du XVIe arrondissement de Paris », un raffiné dîner.

Jusque-là, tout va bien : c’est juste après que ça se gâte velu.

Pour bien le comprendre, il faut savoir que Jean-Charles Naouri, PDG du groupe Casino, a déposé « une série de plaintes » contre les anciens patrons des magasins Franprix et Leader Price, filiales du groupe en question, et que si cette affaire était bouclée avant la fin du printemps, ce brave homme pourrait, ce n’est pas rien, économiser plusieurs centaines de millions d’euros.

[…Or, qui participait au dîner du mois de janvier - outre Philippe et Ostiane ?

Jean-Charles Naouri, PDG de Casino, qui aimerait que les keufs se dépêchent un peu de terminer leur enquête sur ses plaintes - histoire d’économiser, comme on disait, quelque thunes.

Paul Lombard, avocat de Casino, qui est a priori du même avis que son client.

Et Patrick Hefner, qui est gardien de la paix, mais d’un grade un peu plus élevé que Pinot, simple flic, puisqu’il est tout de même le « sous-directeur des affaires économiques et financières à la préfecture de police » - et qui « supervise », détail touchant, ladite enquête….]

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C’est un livres qui sonne comme un rappel, celui du champ des possibles qu’il nous reste à conquérir. Avec "Argentine rebelle, un laboratoire de contre-pouvoirs", Cécile Raimbeau et Daniel Hérard décrivent comment, après s’être soulevé, un peuple s’attèle à la construction d’alternatives - récupérations ouvrières, assemblée de quartier ou autogestion. Un exemple argentin sur lequel ils ont accepté de revenir ici : entretien.

"Argentine Rebelle" : changer "le cours de cette histoire que les dirigeants veulent écrire pour les peuples"

jeudi 12 mars 2009

Un livre fascinant. Pas seulement parce que c’est un bel objet, maquette classieuse, format atypique et large place accordée à de très belles photographies en noir et blanc. Mais aussi - surtout ? - parce qu’il met les mains dans le cambouis, plonge dans la réalité des bouleversements que nous souhaitons, conte les espoirs, les réussites et les erreurs de ceux qui se sont attachés - en Argentine après que le pays se soit retrouvé à genoux - à construire des alternatives. Le livre s’appelle Argentine rebelle, un laboratoire de contre-pouvoirs, publié en 2006 aux Editions Alternatives, œuvre de la journaliste Cécile Raimbeau et du photographe Daniel Hérard. Son titre parle pour lui, retour sur les expériences sociales et auto-gestionnaires de citoyens décidant de prendre leur destin en main.

L’Argentine, donc. En 2001, le pays est sur les rotules. Étouffé par la dette - en 2002, il doit encore 130 milliards de dollars, après en avoir remboursé plus du double les 25 années précédentes, héritage du système corrompu et spéculatif de la junte militaire au pouvoir de 1976 à 1983 - et victime des rapaces gouvernementaux et des capitalistes de la Banque mondiale qui ont mis le pays en coupe réglée. En proie à un taux de chômage endémique (plus de 18 % de la population en 2001, pourcentage auquel s’ajoute celui des 16 % de la population en taux de sous-emploi), ruiné et soumis à une profonde crise politique. Surtout, victime des ultra-libéraux, qu’ils soient membres du FMI ou au gouvernement, lesquels prétendent imposer la plus idiote des méthodes pour sortir de la crise : "Les dépenses sociales, les traitements des fonctionnaires et des retraités sont réduits drastiquement." Bref, l’Argentine n’en peut plus, chavire et prend la rue :

Elle éclate spontanément, le 19 décembre 2001, à l’extrémité sud de l’Amérique Latine, en Argentine (…), en proie à une crise économique sans précédent. Noël approche, mais les Argentins n’ont ni le coeur, ni le porte-monnaie en fête : depuis cinq jours, dans tout le pays, des familles de banlieues poussées par la faim assaillent des supérettes, écrit Cécile Raimbeau.